Yurie Ido (JPN/DEU) – Dead

vendredi 7 octobre

Le travail interdisciplinaire de Yurie Ido se déploie telle une féérie graphique atmosphérique. Nous assistons à la projection non seulement d’images mais aussi à une matérialisation animée de l’espace mental de l’artiste. C’est au moyen du son, de l’image, du corps, du kinesthésique qu’elle crée une cinétique de sensations humaines. Une éclosion incessante de formes, d’espaces suggérés qui se créent, se transforment, disparaissent. Des séquences aux motifs tantôt géométriques, tantôt organiques, polymorphes, minérales, végétales, animaesl, etc. Un contact soutenu avec un quelque chose puisé des profondeurs, un quelque chose qui nous procure des effets hypnotiques.

Yurie Ido

On perçoit les influences de la danse butō par le style de la musique en continue, par la capacité de Yurie Ido à pénétrer dans des mondes, de nous donner à voir surtout comment ils évoluent et combien la vitalité de ceux-ci génère une effervescence sans fin. Elle tente de nous faire visualiser toutes les transformations qui s’opèrent en elle, autour d’elle, avec elle. Elle y croit, elle vit dans cet espace mental matérialisé, elle incarne son histoire. La précision de ses gestes nous laisse croire à une fusion naturelle entre technologie et corps humain, comme si elle nous présentait un condensé de modes d’existence en quête d’unicité.

Yurie Ido

L’audience ne peut suivre au fur et à mesure ni reconstituer cette narrativité personnalisée, cette réponse intérieure qui, à son tour, donne naissance à de nouvelles représentations et les remet en circulation dans la boîte à images d’autres humains. À nous maintenant d’intérioriser.

Yurie Ido

Alors, comment pouvons-nous percevoir au-delà de ses représentations mutantes à la fois personnelles et collectives notre propre façon de recevoir ? Et, pour le spectateur, où se situe son espace performatif ? Comment être conscient de notre propre «au fur à mesure» à nous afin que les constructions perceptives de Yurie Ido ne soient pas ce quelque chose qui ne fait que passer ?

Yurie Ido

 

 

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