9 octobre
Yvonne Rainer a posé les fondations d’un travail corporel basé sur l’essence du geste en se démarquant des conventions et de la pédagogie de la danse classique. Son approche vise à faire ressortir la singularité de chaque corps au lieu de mettre au premier plan la transformation d’un corps par une technique ou un style de danse précis. Redonner au corps son propre espace puisque dans un corps tout est déjà là.
Cette artiste incontournable des années soixante a côtoyé d’autres artistes précurseurs dont John Cage, Yoko Ono, Allan Kaprow, Robert Rauschenberg, Merce Cunningham, Trisha Brown, Robert Morris, et bien d’autres ce qui a également contribué à développer différents contextes pour l’élaboration de son art. Elle s’est intéressée à une vision du geste dépourvue de représentation, de romantisme, d’une technique apprise. Dans cette corporéité mise à nue, il n’y a « rien de trop » comme le célèbre adage se rapportant à l’architecture « less is more ». Elle a démocratisé la danse en transmettant la suite de ses mouvements à des non danseurs ayant toutes sortes de caractéristiques physiques, des artistes de plusieurs disciplines favorisant ainsi l’idée que le corps a ses propres modes de lecture tel une entité autonome à laquelle nous n’avons pas besoin d’ajouter d’artifices et qui possède sa propre mémoire. Il nous suffit d’y lire les couches de sens qui proviennent de la vie quotidienne puisqu’elles s’ infiltrent, se déposent, s’entassent dans cette organicité humaine. L’accumulation et l’intégration de nos « ici et maintenant ». La singularité de notre propre incarnation. La vie qui hier, aujourd’hui et demain façonne notre corps. (performer sa vie Judith Butler).
Yvonne Rainer à crée des expérimentations collectives de plusieurs heures où chacun est un élément signifiant dans une configuration momentanée de formes humaines en action. Art et vie, démarche fondamentale, méthode, pratique de guérison, performativité du corps, forme d’art se côtoient et s’interpénètrent. Il n’y a plus de frontières, que la manifestation d’une évidence, en soi.
Pas facile de préserver cette pédagogie active, de la revendiquer et de la transmettre puisque la passation de cette façon d’être et de bouger réside en grande partie dans l’expérience que l’on fait de cette « chorégraphie » qui est en nous. Comment transmettre ce langage du corps sans que cela ne soit de la danse ? Mais, pour Yvonne Rainer : le travail artistique, social et humain continue puisque celui-ci réside dans le corps.
Sarah Wookey Trio A
9 octobre
Autorisée par Yvonne Rainer, Sarah Wookey a effectué les gestes fondamentaux issus de sa méthode. Je ne me retrouve pas dans un voyage à travers le temps, ni témoin d’une histoire racontée ou une quelconque déconstruction narrative main bien au centre d’une force motrice qui réaffirme la nécessité interne du geste lui-même.
Extremely precise gestures rooted in a daily repertory of movements. The movements themselves are not necessarily so ‘common’ but it is apparent that they come from an observation of what makes up components of habitual actions appearing ‘out in the world’.
This is probably one of the most subtle, ‘quiet’ performances of the festival. Even the rubber soles of Sara’s shoes make barely any sounds as she moves from one action (in this case, dance position) to the next.
A second dancer (Jamie Wright) joins her and we witness the theory in action: Yvonne Rainer’s idea of the dancer’s body moving in time to his or her own internal rhythm. This produces a dance that is at once solo and collaborative; the dancers will not necessarily move at the same pace (and this is to be expected).
They are aware of each other, however. This isn’t a solitary dance, even as they do fall out of sync.
In the third round of the dance, the dancers claim the names of the positions in turn as they move again through the cycle. Eventually their title calling overlaps.
A lovely moment happens when one accidently steps on the others foot. Calmly says excuse me, the other says that’s ok and the dance continues.
En plus d’avoir le privilège d’être en contact avec cette proposition d’exception, s’est mis à s’activer dans mon esprit, une enfilade continue d’images de maintes performeurs en action, que j’ai vus au cours des années. La révélation qu’Yvonne Rainer a tissé une trame de fond souterraine à nos façons d’incorporer (embody) et de choisir des attitudes performatives et des registres de présence est d’elle-même remontée à la surface, a activé ma mémoire. Assurément, j’ai assisté à un moment historique. Inévitablement la transmission s’est opérée…




La singularité de notre propre incarnation. La vie qui hier, aujourd’hui et demain façonne notre corps. (performer sa vie Judith Butler). – yes! and so nice to have stephane’s performance after this one.
Merci chère Karen!! Your comments , your work makes a difference in my way to think, to look at, to be a good witness, to continue to do performance art.