John Mueller (USA) – Creativity and Listening

atelier du 6 octobre

what is important, is to forget to remember what it was that you were supposed to try to remember to forget. right?

Le texte figure sur l’un des cinq cartons que Jon Mueller nous distribue. Le ton de l’atelier est donné : cet après-midi, nous serons appelés à penser autrement.

On pose devant nous une assiette contenant quatre petites bouchées de dégustation. L’expérience s’avère particulière. Chaque becquée est étonnante : les saveurs éclatent dans la bouche. Plusieurs sont reconnaissables, mais leur combinaison est surprenante. La perplexité se lit sur le visage des participants. Ce qu’on goûte n’est pas en soi désagréable, mais l’expérience nous fait quitter notre zone de confort. Une saveur en appelant une autre, il est au final impossible de nommer avec exactitude ce qui se passe dans notre bouche. Ce dont on se rappellera, ce n’est pas tant l’ordre dans lequel les parfums se sont manifestés à notre palais (carotte, betterave, menthe, gingembre, orange, figue, bleuet…), mais plutôt le flou, la nébulosité, l’imprécision de l’expérience gustative. « I don’t know what it is, but something is happening », résume Mueller.

La mémoire fonctionne d’une intéressante façon. Mueller donne en exemple le souvenir de la première fois où il a embrassé une fille. Les détails précis se sont effacés, mais pas l’excitation ni l’effarement ayant accompagnés ce moment. En transposant ce cas de figure au processus créatif, il conclut que c’est ce que devrait faire l’artiste : arriver à laisser la trace d’une expérience plutôt que les détails de la présentation. « In your creation, show people what they miss. »

I can hear you, even though my fingers are presently located in two of the holes in my head.

Nous entendons tous avec nos deux oreilles, mais nous écoutons d’une manière qui nous est personnelle. L’art s’inscrit dans cette écoute individualisée. La création est un processus d’apprentissage. Comme nous sommes constamment en train d’apprendre, la créativité demande de l’ouverture et de la flexibilité. Une façon d’y arriver est de passer du « what » au « how » : Plutôt que de nous demander ce que nous allons faire, demandons-nous comment nous allons le faire. La créativité demande d’être à l’écoute, c’est-à-dire de se tenir dans cette zone nébuleuse qui est le propre de l’expérience. « Everything is a learning process », rappelle Mueller qui ajoute ceci : « Creativity is about solving problems. »

we learn by what we get wrong, not by what we have already seen. ask your eyes. now.

Si la créativité c’est être à l’écoute, alors ce qui prime dans le processus de creation c’est cette possibilité de laisser sortir ce qui est en nous. « Why do you want to do so », plutôt que « what » ou « how ».

L’atelier s’intitule « Creativity and Listening ». En écoutant Mueller, la bouche pleine d’une expérience atypique, je me dis que les deux mots condensent bien la formidable expérience créative que Viva! donne à vivre.

 

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