
Andrea Cavagnaro
Du 5 au 23 mai 2008, l’artiste Andrea Cavagnaro réalisera une intervention avec la Mission communautaire Mile-End dans le cadre de la programmation de DARE-DARE. L’intervention Tout amour est puissant vise à mettre en rapport l’extérieur du bâtiment avec les locaux de la Mission. Avec l’aide de cette dernière, et par l’utilisation de divers matériaux, l’intervention viendra transformer, voire envelopper, la façade extérieure du bâtiment, tout en proposant une nouvelle lecture de l’intérieur des locaux.
En empruntant une esthétique kitsch, Cavagnaro tentera de rendre floues les distinctions entre l’espace privé et l’espace public. Avec des objets tels nappes de table et rideaux en plastiques aux motifs fleuris, elle viendra transformer l’allure symbolique de la Mission, moins dans une transformation de la façade que dans une interférence sur la vie quotidienne et les rapports de force qui peuvent y cohabiter.
Certains projets de Cavagnaro visent à attirer l’attention du public sur des questions pressantes, comme la fragmentation des espaces publics dans des villes d’Amérique du Sud, telles São Paulo. Les espaces dits publics ne sont dans les faits ni publics, ni privés. L’ambigüité règne, car les espaces publics semblent être la propriété de certaines personnes qui les prêtent comme bon leur semble à voisins et piétons.
«Je pense à ces petits gestes inconséquents qui changent de la stabilité conventionnelle. Ces gestes deviennent très utiles: ils apportent l’art dans la vie privée des gens, de façon anodine, voire silencieuse. Le public ne sait pas que ce qui se produit se nomme “art”. Ces gestes tendent à révéler – profondément et même subversivement – ce qu’essaye de cacher le statu quo: tout peut changer, rien n’est en péril, et rien de mal ne peut se produire. Ces gestes créent de la différence et font fluctuer l’intimité dans ce qui constitue le quotidien le plus ennuyeux. Les possibilités de modifier le plus privé des espaces domestiques émergent: ces gestes interrogent et ré-évaluent le monde.»
Après des études en design industriel, Andrea Cavagnaro (Argentine) réalise des interventions publiques, dans lesquelles elle parasite ou ajoute à des structures ou du mobilier existant. Elle est intervenue dans une boulangerie et son fonctionnement pour célébrer le passé anarchiste de l’union des boulangers à la fin du XIXe siècle en Argentine; elle a réalisé de multiples interventions publiques en façade d’habitations et de commerces; elle a improvisé du mobilier urbain dans certains endroits délaissés de la ville de Buenos Aires. Les matériaux de prédilection de l’artiste: peinture, fourrure artificielle, textiles, vinyle et plastique, fleurs en styromousse, parfum, nappes de table, tricot, résilles, etc.
La Mission communautaire Mile-End est un organisme sans but lucratif, géré par des bénévoles qui travaillent de concert avec les membres de la communauté vivant en marge de la société. Fondée en 1991, elle tente de créer une atmosphère chaleureuse et un sentiment de sécurité dans la communauté et de répondre aux besoins pratiques, psychologiques et spirituels des gens à faible revenu du Mile-End.
Andrea Cavagnaro : Todo amor es poderoso
Del 5 al 23 de Mayo, Andrea Cavagnaro intervendrá, tanto arquitectónica como simbólicamente, el edificio que alberga a la Comunidad de la Mission Middle End. Utilizando variados materiales provenientes de una estética kitsch, pondrá en juego la idea de vida cotidiana y relaciones de poder, a través de la transformación de la fachada del edificio y una nueva retórica en su espacio interior.
Algunos de sus proyectos hacen señalamientos sobre la fragmentación del espacio público en ciudades Latinoamericanas como São Paulo. El espacio público no es público, pero tampoco es privado. Es ambiguo, es las dos cosas a la vez. El espacio público siempre pertenece a alguien a pesar de que se puede compartir con otros vecinos y transeúntes cotidianamente.
“Siempre pienso que estos pequeños gestos que modifican nuestra estabilidad convencional son imprescindiblemente útiles. Traen el arte a la vida cotidiana de manera silenciosa y anónima: las personas no saben que lo que está sucediendo es “arte”. Estas intervenciones revelan, de forma sutil, casi subversiva, ciertas cuestiones que el sistema trata de esconder: todo puede ser diferente, nada está en peligro, no pasa nada malo; la otra cara de la vida aburrida y amenazada de todos los días. La posibilidad de alterar el espacio doméstico más privado se revela claramente: estos gestos examinan y cuestionan el mundo.”
Con formación en diseño industrial, Andrea Cavagnaro (Argentina) ha realizado intervenciones públicas que consisten en interferencias o agregados sobre estructuras existentes o mobiliario urbano. Ha intervenido, por ejemplo, las instalaciones de una panadería y sus productos, como una forma de celebración del movimiento anarquista del pasado siglo XIX; ha creado numerosas intervenciones públicas en las fachadas de casas y edificios e improvisado mobiliario urbano en lugares donde el gobierno de la ciudad de Buenos Aires lo creía innecesario. En los últimos años, ha dictado clases de arte a personas en situación de calle.