Stéphane St-Laurent (ON) – My Last Cigarette

9 octobre

Standing in the glass circular window, sitting on the ledge having climbed up with the help of a ladder, feet resting the top step, Stéphane calls his grandmother. He will smoke his last cigarette with her on the other end. We hear this conversation over a loud speaker. A conversation in which she gives him encouragement, explains the evils of smoking and tells him the Good Lord will help him, his friends will too. If he can quit smoking.

“Arrête pas pour moi, arrête pour toi. Tes amis vont t’aider.” (We all clap)

“J’aimerais ça les connaître toute c’te gang là. Qui arrêtent toutes. On va faire un gros party. J’ai pas d’argent mais j’ai du cœur. Je vais faire des tartes. Des tartes au sucre. Maudit! Mémé est folle! Elle est folle mais elle aime tout le monde.”

In a sense this is his grandmother’s performance. C’est sa vie à elle qu’il performe. He barely says anything and she just goes, offering all kinds of anecdotes and stories about his childhood. Sa pensée se développe en boucle. Elle répète ses encouragements, fais des blagues, parle de son bonheur. Son leitmotiv : “On a du fun pareil.” Le public sourit. Plus la conversation avance (c’est finalement davantage un monologue), plus on est touchés et charmés par cette grand-mère décidément bien attachante.

“Stéphane, tu m’as fait pleurer mais c’est des larmes de joie.”

Stéphane: Je vais te laisser, il y a d’autre performances à soir.

“I love everybody there – je vous aime toute!”

Nous aussi, grand-mère…

 

Stéphane St-Laurent

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Fais-moi signe !

Faire confiance en la vie ! Voilà un expression qui se prête bien à l’attitude préconisée par Stéphane Saint-Laurent assis en équilibre sur le rebords d’une fenêtre. Une performance dont le contenu du discours ne dépend pas que de lui mais davantage de sa grand-mère au bout du fil. Ici, qui performe ?

Ce sont les événements de la vie, les liens familiaux, la spontanéité de l’échange et la promesse formulée publiquement de fumer sa dernière cigarette. La vie modifie la performance, la performance change la vie, le performatif est bien vivant. Sans la promesse faite à l’autre, abandonnons-nous l’engagement que nous voulions prendre face à nous-même ? À quel point la force de tenir à une obligation qui nous tient à coeur dépend-t-elle du support de l’autre ? Et en quoi le fait d’inclure une action quotidienne de notre vie dans un mode performatif rend-elle la transformation escomptée bien réelle ?

En fait, Stéphane Saint-Laurent a signé un pacte non seulement envers lui-même mais aussi envers sa capacité à croire aux forces vives de l’empathie et à la construction d’une intégrité à toute épreuve. Un engagement qui ne s’envolera pas en fumée.

 

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Une réponse à Stéphane St-Laurent (ON) – My Last Cigarette

  1. this relationship of tenderness and love between grandmother and grandson. a relation that one performs slowly, over time. a durational performance…and here we are, witnessing this particular point in time. a point in time that will be covered over in many other moments yet to come. for me, this performance exposed a glimpse into an already existing performance – a performance of a life-long relationship between two people who love each other, who have spent time together, who have endured together. stephane shared with us, exposed himself, in the position of grandson, and yes he exposed a vulnerability, and as tout va says, he performed his belief in the power of the capacity for empathy, for care. beautiful.

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