Eisenächer / Harder CLAIMS (DEU) – Zombie lecture

À la fois concert, conférence, poésie et installation, la performance ZOMBIE LECTURE nous plonge savamment dans la construction graduelle d’un univers à la fois complexe, nuancé et paradoxal. En cours de performance, plus nous décodons les composantes liées à ce mode d’existence zombiesque qui traverse les époques et les contextes sociaux, plus nous prenons conscience qu’en fait, il s’agit d’un comportement qui continue à se propager telle une contagion. Dans les dernières minutes de la performance, nous assistons au déploiement d’une matérialisation spatio-temporelle de l’état zombie nous plaçant inévitablement devant un fait : nous reconnaissons cette présence-absence qui nous habite aussi… Qu’en ferons-nous ?

Cette performance, divisée en trois parties, est basée sur mode additif et associatif combinant les actions, les gestes, les objets, les paroles, les sons de manière à constituer des couches de sens associées à des dimensions précises du phénomène du zombie. La première partie intitulée ZOMBIE MATIÈRE MORTE – ZOMBIE DEAD MATTER se réfère à la dimension plus ethnologique. La deuxième, LE MOUVEMENT ZOMBIE – ZOMBIE MOVEMENT, comporte différents textes, associations de mots développant des idées autour de ce concept alors que la troisième, ZOMBIE ET SOUVENANCE – ZOMBIE AND REMEMBERANCE, précise l’effet de la combinaison des éléments concrets de la performance mis à contribution pour créer un performatif du ici et maintenant qui actualise cette notion tout en dévoilant ses paradoxes.

Zombie is / sombie isn’t / paradox

 

Dans cette performance, le mode additif est constitué de couches d’éléments répétés (gestes, bruits d’objets, phrases et images) et de juxtapositions d’enregistrements en boucle de sons produits par des actions posées en direct (marcher avec des souliers à talons, jouer de la guitare, couper un melon, frotter un couteau sur une cuisse, sur un ongle, etc.) Le mode associatif, quant à lui, est alimenté par les caractéristiques matérielles des objets utilisés en lien avec les différences de perception générées par des phrases répétées – parfois chantées – et la durée des actions des deux performeuses. Étant donné que tout ce savant amalgame se déploie de manière à constamment transformer notre perception, ainsi nous parcourons des significations en constante mutation.

 

Zombie Lecture

Ces deux procédés (ajouter et mettre en relation) sont finement amenés. Nous en arrivons à entrevoir et à ressentir non seulement les multiples facettes de ce Zombie devenu tentaculaire mais aussi à nous demander comment nous pourrions échapper à celui-ci. Heureusement que le mouvement est possible et qu’il y a d’autres mémoires que celle qui nous est socialement transmise.

In any one instant of time, a moving object occupies a particular space. For motion to occur, an object must change the position which it occupies. As time is entirely composed of instants, the moving object is neither moving to where it is not. It is always already there. In other words, if everything is motionless at any specific moment in time, then motion is impossible, and therefore an illusion.

Dans cette structure où l’apparition et la correspondance entre chacune des composantes apporte une cohérence à la fois conceptuelle, intellectuelle et organique, par la précision des actions et au moyen de dispositifs installatifs ingénieux, inconsciemment nous assimilons, en même temps, une connexion plus invisible : ce quelque chose qui échappe à toute construction quelle que soit sa nature.

Dans le silence des dernières minutes, devant ce système en mouvement habilement construit, nous savons que les deux performeuses berlinoises ont réussi à extraire et à soutenir un espace résolument performatif. Mission accomplie, on se calme : les valeurs alternatives existent!

Zombie is living memory / Zombie is living memory for those who are alive / Those who are alive remember zombie is a trigger / When we look at zombie all we see is ourselves looking at zombie

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